Discerner les esprits ?? Est-ce difficile ? JE TE DONNERAI UN LIVRE VIVANT !? MYSTèRE DE LA SAINTE TRINITé !?

 

Autres signes de l'action du démon.

Tous les biens semblent se cacher et s'enfuir de l'âme; le dégoût et le trouble s'emparent d'elle; aucun bon effet n'est produit.

L'ennemi semble inspirer des désirs, mais ils sont sans vigueur; l'humilité qu'il laisse est fausse, inquiète et sans douceur.

Tout cela, je crois, sera compris d'une âme qui aura éprouvé les effets du bon esprit.

Néanmoins, le démon peut en cette matière nous tendre bien des pièges.

Aussi, il n'y a pas sur ce point de faveur si assurée, qu'il ne soit plus sûr encore

de craindre, de nous tenir sur nos gardes,

et d'avoir un maître éclairé auquel notre âme soit entièrement ouverte.

Avec de telles précautions, il ne peut nous arriver aucun mal.

Quant à moi, j'ai eu beaucoup à souffrir des craintes excessives de certaines personnes, surtout dans la circonstance que je vais rapporter.

Plusieurs d'entre elles à qui, pour de bons motifs, j'accordais pleine confiance, s'étaient assemblées à mon occasion.

Je ne m'ouvrais d'ordinaire qu'à mon confesseur; cependant, sur son ordre, je parlais aussi quelquefois à d'autres.

Ceux-ci avaient pour moi beaucoup de dévouement,

et craignaient que je ne fusse trompée par le démon.

Je le craignais extrêmement aussi quand j'étais hors de l'oraison;

car, pendant l'oraison même, Notre Seigneur, en m'accordant quelque grâce, daignait me rassurer.

Je crois qu'ils étaient cinq ou six, tous grands serviteurs de Dieu.

Mon confesseur me déclara qu'ils prononçaient tous, d'un commun accord,

que ce que j'éprouvais venait du démon;

ainsi, d'après eux, je devais communier plus rarement, et me distraire de manière à éviter la solitude.

J'étais craintive à l'excès; les souffrances du cœur auxquelles j'étais sujette contribuaient encore à augmenter cette disposition, de sorte que souvent, même en plein jour, je n'osais rester seule. Voyant des hommes d'un tel mérite affirmer ce que je ne pouvais croire, j'en concevais un très grand scrupule, dans la pensée que cela venait de mon peu d'humilité.

Ils étaient tous en effet, sans comparaison, d'une vie plus édifiante que la mienne, et ils avaient la science pour eux: pourquoi ne pas les croire? Je faisais tous mes efforts pour cela; je me représentais les infidélités de ma vie, et à cette vue, j'essayais de me persuader qu'ils disaient vrai.

Un jour, sous l'empire de cette affliction, je quittai l'église, et je vins me réfugier dans un oratoire de notre monastère. Je m'étais privée pendant plusieurs jours de la communion et de la solitude, qui étaient toute ma consolation.

Je n'avais personne avec qui je pusse communiquer; car tout le monde était contre moi.

Les uns souriaient, ce semble, de pitié en écoutant ce que je disais, le regardant comme le fruit de l'illusion; les autres avertissaient mon confesseur de se tenir en garde contre moi;

d'autres enfin disaient que l'action du démon était manifeste.

Seul, mon confesseur, tout en suivant leur avis pour m'éprouver, comme je l'ai su depuis, me consolait toujours.

Il me disait que quand bien même ce serait le démon,

dès que j'étais fidèle à ne point offenser Dieu,

il ne pouvait me nuire; qu'au reste, l'épreuve passerait, et que je devais

le demander instamment à Dieu.

De son côté, il sollicitait avec ardeur cette grâce pour moi. Les personnes qu'il confessait, plusieurs autres encore, unissaient leurs prières aux siennes dans le même but. Toutes mes oraisons d'ailleurs, et toutes celles des âmes que je savais amies de Dieu, ne tendaient qu'à obtenir de sa divine Majesté qu'il lui plût de me conduire par un autre chemin. Pendant deux ans, ce me semble, nos prières ne cessèrent de monter vers le ciel.

Toutefois, nulle consolation ne m'enlevait la peine où me jetait la pensée seule que le démon pouvait m'adresser si souvent la parole.

Car, depuis que je n'avais plus mes heures de solitude pour prier, Notre Seigneur ne laissait pas de me faire entrer dans le recueillement au milieu même des conversations; il me disait ce qu'il jugeait à propos,

et malgré toutes mes résistances, il me forçait à l'entendre.

Étant donc seule dans cet oratoire, loin de toute personne qui pût me consoler, incapable soit de prier, soit de lire, brisée par la tribulation, tremblant d'être dans l'illusion, accablée de tristesse et de trouble, je ne savais plus que devenir. Cette douleur, que j'avais tant de fois ressentie, n'était jamais, ce me semble, arrivée à cette extrémité. Je restai ainsi quatre ou cinq heures, ne recevant aucune consolation ni du Ciel ni de la terre. Le Seigneur me laissait dans la souffrance et en proie à l'appréhension de mille dangers.

O Seigneur de mon âme! comme vous montrez bien que vous êtes l'ami véritable! Étant tout-puissant, quand vous voulez, vous pouvez. Jamais vous ne cessez d'aimer, si l'on vous aime. Que toutes les créatures vous louent, ô Maître du monde! Et qui me donnera une voix assez forte pour faire entendre partout combien vous êtes fidèle à vos amis? Tous les appuis d'ici-bas peuvent nous manquer; mais vous, Seigneur de toutes choses, vous ne nous manquez jamais. Qu'elle est petite la part de souffrance que vous faites à ceux qui vous aiment! O mon Maître, avec quelle délicatesse, quelle amabilité, quelle douceur, vous savez agir à leur égard! Trop heureux celui qui n'aurait jamais aimé que vous! Il semble, Seigneur, que vous éprouvez avec rigueur ceux qui vous aiment, afin que, dans l'excès de l'épreuve, se révèle l'excès plus grand encore de votre amour. O mon Dieu! Que n'ai-je assez de talent, assez de science et des paroles toutes nouvelles, pour exalter aussi bien que je les comprends les merveilles de vos œuvres! Tout me manque pour cela, mon divin Maître! mais du moins, pourvu que votre main me protège, je ne vous abandonnerai jamais. Que tous les savants s'élèvent contre moi, que toutes les créatures me persécutent, que les démons me tourmentent: si vous êtes avec moi, je ne crains rien. Je sais maintenant par expérience, avec quel avantage vous faites sortir de l'épreuve ceux qui ne mettent leur confiance qu'en vous seul.

 

Tandis que j'étais dans l'extrême affliction que je viens de dire, et quoique à cette époque je n'eusse point encore eu de visions, ces paroles que j'entendis suffirent seules pour m'enlever toute ma peine, et faire naître en mon âme un calme parfait: « N'aie point de peur, ma fille, car c'est moi;

je ne t'abandonnerai point, bannis toute crainte ».

Dans l'état où j'étais, j'aurais cru que, même en employant de longues heures à ramener la paix dans mon âme, nul n'aurait pu y réussir. Et voilà qu'à ces seules paroles, je sentis renaître la sérénité; je retrouvai la force, le courage, l'assurance, la paix, la lumière; en un instant j'avais été si complètement changée, que j'aurais soutenu contre le monde entier que ces paroles venaient de Dieu. Oh! quelle bonté en ce Dieu! quel bon Maître! et qu'il est puissant! Non seulement il donne le conseil, mais encore le remède; ses paroles opèrent ce qu'elles expriment. Comme il fortifie notre foi et augmente notre amour!

Car voici les pensées qui s'élevaient alors dans mon âme: De quoi ai-je peur? Qu'est-ce donc? Je veux servir ce Maître; je n'aspire qu'à le contenter; je mets dans l'accomplissement de sa volonté toute ma joie, tout mon repos et tout mon bonheur.

Ce sont là mes sentiments, il me semble en être sûre et pouvoir l'affirmer. Si donc ce Seigneur est tout-puissant, comme je le vois, si les démons sont ses esclaves, comme la foi m'en donne la certitude, quel mal peuvent-ils me faire, à moi, la servante de ce Seigneur et de ce Monarque? Pourquoi n'aurais-je pas la force de combattre contre tout l'enfer?

Je prenais en main une croix, et il me semblait vraiment, tant était grand le changement soudainement opéré en moi, que Dieu me donnait assez de courage pour en venir aux mains avec tous les démons réunis; je sentais qu'avec cette croix je les aurais facilement vaincus. Ainsi je leur disais: Maintenant, venez tous; étant la servante du Seigneur, je veux voir ce que vous pouvez me faire.

Il est certain qu'ils avaient peur de moi: de mon côté, au contraire, je demeurai si tranquille, et je les redoutai si peu, que toutes mes appréhensions s'évanouirent. Ils m'ont quelquefois apparu, il est vrai, comme on le verra par mon récit; mais ils ne m'inspiraient presque aucune crainte, ils semblaient plutôt saisis d'effroi à mon aspect. Par un don du souverain Maître, j'ai gardé sur eux un tel empire, que je n'en fais pas plus de cas que de mouches.

Je les trouve pleins de lâcheté: dès qu'on les méprise, tout courage les abandonne. Ils ne savent attaquer que ceux qu'ils voient se rendre à discrétion. Et si Dieu leur permet de tenter et de tourmenter quelques-uns de ses serviteurs, ce n'est que pour un plus grand bien. Plaise à sa Majesté de nous faire la grâce de ne craindre que ce qui doit réellement nous inspirer de la crainte, et d'être bien convaincus de cette vérité, qu'un seul péché véniel peut nous faire plus de mal que tout l'enfer ensemble!

Si ces esprits pervers nous épouvantent, c'est parce que nous leur donnons

volontairement prise sur nous, par notre attachement aux honneurs, aux biens,

aux plaisirs.

Nous voyant aimer et rechercher ce que nous devrions avoir en horreur, ils conspirent avec nous contre nous-mêmes, et ils peuvent ainsi nous causer beaucoup de mal. Nous leur mettons en main les armes mêmes avec lesquelles nous devrions nous défendre. C'est là ce qu'on ne saurait assez déplorer.

Mais si au contraire, par amour pour Dieu, nous avons en horreur les faux biens de ce monde; si nous embrassons la croix; si nous sommes résolus à servir vraiment le Seigneur; le démon, en présence de telles dispositions, prend la fuite comme devant la peste.

Ami du mensonge, et le mensonge même, il ne fera point de pacte

avec quiconque marche dans la vérité.

Mais s'aperçoit-t-il que l'entendement de quelqu'un est obscurci, il travaille avec adresse à éteindre en lui un reste de lumière; et dès qu'il le voit assez aveugle pour mettre son repos dans ces vanités du monde, non moins futiles que des hochets d'enfant, il sent bien que ce n'est là qu'un enfant; il le traite donc comme tel, et lui livre hardiment combat sur combat.

Et ne savons-nous pas qu'il ne peut faire le moindre mouvement, si le Seigneur ne le lui permet? Que signifient donc toutes ces terreurs? Quant à moi, c'est certain, je redoute bien plus ceux qui craignent tant le démon, que le démon lui-même.

Car pour lui, il ne saurait me faire de mal, tandis que les autres,

surtout s'ils sont confesseurs, jettent l'âme dans de cruelles inquiétudes.

J'ai tant souffert pour ma part pendant quelques années, que je m'étonne maintenant d'avoir pu y résister.

Béni soit le Seigneur, qui m'a tendu une main si secourable ! 

 

Souvent aussi il me faisait des réprimandes; et il en agit encore ainsi lorsque je commets quelque imperfection 

Il y a alors dans ses paroles une force capable de faire rentrer une âme dans le néant; mais elles portent l'amendement avec elles, sa Majesté donnant tout ensemble, comme je l'ai dit, le conseil et le remède.

De temps en temps, il rappelle à ma mémoire les péchés de ma vie, et particulièrement lorsqu'il veut me faire quelque grâce signalée. L'âme alors se croit déjà devant son Juge; et la vérité lui apparaît avec tant de clarté qu'elle ne sait où se mettre.

D'autres fois, il m'a avertie de certains dangers qui me menaçaient, ou qui menaçaient d'autres personnes. Enfin, il m'a annoncé bien des événements trois ou quatre ans à l'avance, et tous se sont fidèlement accomplis: je pourrai en signaler quelques-uns.

(Commentaires personnels :

Jamais YAHWEH ne m'ont fait des remarques sur mes défauts;

en me demandant de lire la Bible, La Parole de YAHWEH, et l'Evangile de

Yechoua L'OINT, je me rends de suite compte de mes défauts, et ce que je dois

corriger par moi-même.)

On voit par là qu'il y a tant de marques de l'action de Dieu dans une âme, qu'elle ne peut, à mon avis, l'ignorer. Toutefois, voici la conduite la plus sûre à tenir; elle n'a aucun danger, et offre de nombreux avantages; et nous, femmes, qui sommes étrangères à la science, nous devons surtout nous y conformer: c'est de faire connaître notre âme tout entière, et les grâces que nous recevons, à un confesseur éclairé, et de lui obéir.

Notre Seigneur lui-même me l'a ordonné plusieurs fois;

je le mets en pratique, et je ne pourrais sans cela être en repos.

J'avais un confesseur qui me mortifiait beaucoup; quelquefois ma peine

et mon affliction étaient bien grandes à cause du trouble où il me jetait;

et c'est pourtant lui qui, à mon jugement, a fait le plus grand bien à mon âme [2].

Malgré mon profond attachement pour lui j'étais quelquefois tentée de le quitter, parce qu'il me semblait que ces peines qu'il me causait me détournaient de l'oraison. Mais lorsque j'étais près d'en venir à l'exécution, Notre Seigneur me faisait comprendre que je ne devais pas le faire; et je recevais chaque fois une réprimande, qui m'était infiniment plus sensible que tout ce que mon confesseur me faisait souffrir.

A certains jours, je trouvais l'épreuve bien forte: tourment d'un côté, réprimande de l'autre; et tout cela m'était néanmoins nécessaire, tant j'avais encore peu travaillé à vaincre ma volonté. Notre Seigneur me dit une fois que je ne devais pas me flatter d'être obéissante, si je n'étais déterminée à souffrir; je n'avais qu'à jeter les yeux sur ce qu'il avait enduré, et tout me deviendrait facile.

Un confesseur, à qui je m'étais confessée dans le commencement, me conseilla un jour de me taire sur les faveurs que je recevais; puisqu'il était prouvé qu'elles venaient de l'esprit de Dieu, il valait mieux n'en plus parler à personne, et garder là-dessus le silence.

Ce conseil ne me déplut pas, car jamais je n'allais faire connaître à mon confesseur les grâces que Dieu m'accordait, sans éprouver une peine et une honte bien grandes.

Parfois il m'eût été moins pénible de lui déclarer des fautes graves, surtout quand ces faveurs étaient d'un ordre élevé.

Il me semblait qu'on ne me croirait pas, et qu'on se moquerait de moi; je trouvais en cela un manque de respect envers les merveilles de Dieu, et j'y étais si sensible, que, pour cette raison, j'aurais voulu garder le silence. Il me fut dit alors que j'avais été très mal conseillée par ce confesseur;

je ne devais en aucune façon taire quoi que ce fût à celui auquel je m'adressais (Père Balthasar Alvarez),

parce qu'il y avait en cela une grande sûreté, tandis qu'en faisant le contraire,

je pourrais plus d'une fois me tromper.

 

Lorsque le divin Maître m'ayant commandé une chose dans l'oraison, mon confesseur m'en ordonnait une autre, Notre Seigneur me disait d'obéir; mais il changeait bientôt la disposition de mon confesseur, et lui inspirait de me commander la même chose que lui.

Notre Seigneur me dit: « N'en aie point de peine, je te donnerai un livre vivant ».

Il ne me fut pas donné alors de saisir le sens de ces paroles, parce que je n'avais pas encore eu de vision [3], mais, peu de jours après, il me fut facile de l'entendre.

En effet, j'ai trouvé tant à penser et à me recueillir dans ce que je voyais présent, et Notre Seigneur a daigné lui-même m'instruire avec tant d'amour et de tant de manières, que je n’ai eu que très peu ou presque pas besoin de livres.

Ce divin Maître a été le livre véritable où j'ai vu les vérités.

Bénédiction à ce Livre vivant, qui laisse imprimé dans l'âme ce qu'on doit lire et faire, de telle sorte qu'on ne peut l'oublier.  

Et qui donc pourrait voir le Seigneur couvert de plaies, affligé, persécuté, sans désirer partager ses douleurs et les embrasser avec amour?

Qui pourrait apercevoir le plus faible rayon de la gloire qu'il prépare à ceux qui le servent, sans comprendre que tout ce qu'on peut faire et souffrir n'est rien, quand on espère une telle récompense?

Qui pourrait voir les tourments que souffrent les damnés,

sans considérer comme des délices les tourments d'ici-bas, et sans se sentir pénétré d'une infinie reconnaissance envers un Dieu qui tant de fois nous a délivrés de cet abîme? 

 

Dans ces paroles dont j'ai traité précédemment (cf. chap. 25), Dieu rend l'entendement malgré lui attentif à ce qu'il lui dit. Donnant à l'âme comme une faculté nouvelle d'entendre, il la force à écouter et l'empêche de se distraire. Elle est à peu près comme une personne d'une ouïe excellente, à laquelle on parlerait de très près et à haute voix, sans lui permettre de se boucher les oreilles; bon gré mal gré, il faudrait qu'elle entendît. Toujours serait-il vrai qu'elle fait quelque chose, puisqu'elle est attentive à ce qu'on lui dit. Mais ici l'âme ne fait rien, elle ne prête même plus ce petit concours qui consiste à écouter. Sa nourriture s'est trouvée préparée et incorporée en elle, de sorte qu'elle n'a qu'à jouir. C'est comme si quelqu'un, sans apprendre, sans même avoir rien fait pour savoir lire, et sans avoir jamais rien étudié, trouvait en lui toute la science déjà acquise, ignorant de quelle manière et d'où elle lui serait venue, puisque auparavant il n'avait jamais travaillé même à connaître l'A b c. Cette dernière comparaison explique, ce me semble, quelque chose de ce don céleste.

L'âme se voit en un instant savante; pour elle, le mystère de la très sainte Trinité

et d'autres mystères des plus relevés demeurent si clairs,

qu'il n'est pas de théologien avec lequel elle n'eût la hardiesse d'entrer en dispute pour la défense de ces vérités. Elle en demeure saisie d'étonnement.

Une seule de ces grâces suffit pour opérer en elle un changement complet. Dès lors, elle ne saurait rien aimer si ce n'est Celui qui, sans exiger d'elle aucun concours, la rend capable de si grands biens, lui révèle de si profonds secrets, et lui prodigue les témoignages d'un amour si tendre qu'on renonce à les décrire.

Quelques-unes de ces faveurs sont si admirables qu'on doute de leur réalité, et qu'à moins d'avoir une foi très vive, on ne pourrait croire que Notre Seigneur les accordes à une personne qui les a si peu méritées; aussi, mon dessein est de ne rapporter qu'un petit nombre de celles qu’il m’a faites, à moins que l’on ne me commande autre chose. Je me contenterai de quelques visions dont le récit ne sera pas sans utilité.

 

Je reviens à ce que je disais. Par ce genre de langage, le Seigneur, selon moi, montre qu'il veut, par toutes les voies possibles, donner connaissance à l'âme de ce qui se passe au ciel, où l'on s'entend sans se parler. Qu'une telle langue existât, je l'avais toujours ignoré, jusqu'à ce qu'il plût au Seigneur de m'en rendre témoin, et de me le montrer dans un ravissement. Ainsi, dès l'exil, Dieu et l'âme s'entendent par cela seul qu'il veut être entendu d'elle, et ils n'ont besoin d'aucun autre artifice pour s'exprimer leur mutuel amour. Ici-bas, deux personnes intelligentes et qui s'aiment beaucoup, se comprennent, même sans signes, seulement en se regardant. C'est apparemment ce qui se passe entre Dieu et l'âme; mais il ne nous est pas donné de voir de quelle manière ils portent l'un sur l'autre leur regard,

comme l'Epoux le dit à l'Épouse dans les Cantiques; car je crois avoir entendu appliquer à ce regard le passage dont je parle.

Suite !! 

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