Rosaire ??

 

Le rosaire est le nom d'une prière catholique composée de quatre chapelets d'oraisons. Consacré à Marie, mère de Jésus de Nazareth, il tire son nom du latin ecclésiastique rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées.

Fête du Rosaire par Dürer (Galerie nationale à Prague)

Les Louanges de la Vierge 

Le rosaire vient du « Psautier de la Vierge Marie » ( Alain de la Roche ) qui est un recueil de Psaumes[1]. Sa lecture est remplacée pour les âmes simples au cours du Moyen-Âge par la récitation de cent-cinquante Ave Maria. Comme le dit saint Bernard: « Il n'est pas de doute que toutes les louanges que nous adressons à la Mère de Dieu ne s'appliquent aussi bien à son Fils ; et réciproquement, lorsque nous rendons hommage au Fils, nous ne perdons pas de vue la gloire de la Mère. Si, d'après Salomon : "un fils sage est la gloire de son père" (Pr,10,1), il est plus glorieux encore d'être la mère de la Sagesse ».[2] Saint Bonaventure a aussi écrit des Louanges de la Vierge et un Psautier ( petit et grand psautier ) c'est-à-dire un Livre des Heures qui est également un recueil de louanges adressées à la Vierge ; mais ce n'était pas encore le rosaire , destiné à remplacer la lecture du psautier de cent-cinquante Psaumes ou des cent-cinquante Pater Noster par cent-cinquante Ave Maria. Saint Bernard a aussi écrit des sermons sur les Mystères qui peuvent être à l'origine de la méditation des Mystères du Rosaire.[3] Les Louanges de la Vierge sont aussi contenues dans les Litanies de Lorette, celle de la Rose Mystique, Rosa Mystica est très connue : mais ce mot de Rosarium (Champ de roses) était déjà utilisé au XVe siècle ; toujours est-il qu'entre les fleurs, c'est la rose vermeille , Reine des Fleurs qui a donné son nom au Rosaire.

 

Le rosaire est diffusé et popularisé en Europe après les premières croisades dès le XIIe siècle par saint Dominique, auquel l'hagiographie traditionnelle attribue son invention[4]. Ainsi l'ordre des Prêcheurs (ou dominicains) répandit-il son usage qui consiste en un exercice de méditation simple sur les épisodes importants de la vie de Jésus-Christ au travers du regard marial.

La pratique du rosaire a été très populaire au point qu'une fête Notre-Dame du Rosaire a été instaurée le 7 octobre dans le calendrier liturgique catholique à l'initiative du pape dominicain Pie V en 1571, au lendemain de la bataille de Lépante, avant que le mois d'octobre entier ne lui soit ensuite consacré en 1886 par Léon XIII.[5].

Le chapelet catholique

Schéma du chapelet catholique.

Le chapelet utilisé est un collier composé de cinq dizaines de petits grains appelés Ave, précédées chacune d'un grain plus gros appelé Pater. Partant de l'un des grains plus gros, une branche terminale comporte trois petits grains (Ave), un gros (Pater) et un crucifix. Les appellations Ave et Pater correspondent au premier mot de la version latine des prières récitées.

Les prières récitées dans un chapelet sont :

  • Sur la croix : le Credo.
  • Sur les gros grains : le Pater.
  • Sur les petits grains : le Je vous salue Marie (Ave Maria).
  • À la fin d'une dizaine : le Gloria Patri (Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto, sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen.) : Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.

Un rosaire de vingt dizaines consiste à dire quatre chapelets, un chapelet consiste en cinq dizaines, et une dizaine consiste en un Pater, dix Ave et un Gloria.

Approche spirituelle du rosaire 

La manière de réciter le rosaire comme exercice spirituel a été décrite par saint Louis-Marie Grignion de Montfort dans Le Secret Admirable du Très Saint Rosaire pour se convertir et se sauver (les indications de paragraphes sans autre précisions sont tirées de cet ouvrage). « Ce n'est pas proprement la longueur, mais la ferveur de la prière, qui plaît à Dieu et qui lui gagne le coeur. Un seul Ave Maria bien dit est d'un plus grand mérite que cent cinquante mal dits. » (§116). « il faut que la personne qui récite le saint Rosaire soit en état de grâce ou du moins dans la résolution de sortir de son péché, parce que toute la théologie nous enseigne que les bonnes oeuvres et les prières faites en péché mortel, sont des oeuvres mortes » (117).

Le rosaire est avant tout une école d'oraison et de contemplation, ce qui implique qu'il soit pratiqué régulièrement: « La confrérie du Rosaire ordinaire n'exige qu'on le récite qu'une fois par semaine. Celle du Rosaire perpétuel qu'une fois par an, mais celle du Rosaire quotidien demande qu'on le dise tous les jours tout entier, c'est-à-dire 150 Ave Maria » (§21).

Quatrième mystère douloureux, « Le portement de la croix » dans l'« Allée du Rosaire » sculptée fin XIXe siècle par Michel Cosme au sanctuaire de Warre/Tohogne

Le rosaire ne se réduit pas à la récitation, ce que Grignon de Montfort appelle l'oraison vocale (§9). Le rosaire doit éviter toute distraction volontaire (mais « Vous ne pouvez pas, à la vérité, réciter votre Rosaire sans avoir quelques distractions involontaires » - 120) et s'accompagner d'une oraison mentale:

« Le Rosaire renferme deux choses, savoir: l'oraison mentale et l'oraison vocale. L'oraison mentale du saint Rosaire n'est autre que la méditation des principaux mystères de la vie, de la mort et de la gloire de Jésus-Christ et de sa très sainte Mère. L'oraison vocale du Rosaire consiste à dire quinze dizaines d'Ave Maria précédées par un Pater pendant qu'on médite et qu'on contemple les quinze vertus principales que Jésus et Marie ont pratiquées dans les quinze mystères du saint Rosaire. »

Chaque mystère est une source de méditation possible : « Saint Dominique a partagé la vie de Jésus-Christ et de la sainte Vierge en quinze mystères, qui nous représentent leurs vertus et leurs principales actions comme quinze tableaux dont les traits doivent nous servir de règle et d'exemple pour la conduite de notre vie. » (61) C'est la méditation et la contemplation des mystères qui apportent les fruits du rosaire: « Cette méditation des mystères de la vie et de la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ est, pour tous ceux qui en font usage, la source des fruits les plus merveilleux. » (75)

Pour Grignon de Montfort, la prière commence par une invocation silencieuse au Saint-Esprit (§126), puis la contemplation du mystère et la demande de son fruit :

« Après avoir invoqué le Saint-Esprit, pour bien réciter votre Rosaire, mettez-vous un moment en la présence de Dieu et faites les offrandes des dizaines, comme vous verrez ci-après. Avant de commencer la dizaine, arrêtez-vous un moment, plus ou moins, selon votre loisir, pour considérer le mystère que vous célébrez par la dizaine et demandez toujours, par ce mystère et l'intercession de la sainte Vierge, une des vertus qui éclatent le plus dans ce mystère ou dont vous aurez le plus de besoin. »

 

À la fin du rosaire, on conclut par une prière mariale qui peut par exemple être le Salve Regina.

Les mystères du rosaire et leurs fruits

Un chapelet

Le rosaire ne se limite pas à la récitation des prières qui le composent. En récitant chaque dizaine du rosaire, il convient de méditer sur un mystère (soit de la vie de Jésus, soit de celle de Marie). Comme l'a souligné le pape Jean-Paul II, l'objectif du rosaire est avant tout de « contempler avec Marie le visage du Christ ». Cette contemplation fait appel à l'imagination, ce qu'Ignace de Loyola appelle une « composition de lieu » : il s'agit de reconstituer dans son imagination et de voir en esprit tel ou tel évènement de la vie de Jésus de Nazareth. Chaque dizaine est l'occasion de méditer un mystère particulier, pour prier d'en obtenir le fruit spirituel.

On reconnait traditionnellement trois catégories de mystères : les mystères joyeux, les mystères douloureux, et les mystères glorieux. Chaque catégorie comprend cinq mystères, correspondant aux cinq dizaines du chapelet. Ceci permet de réciter une fois en entier le chapelet pour chaque catégorie de mystère, et trois fois le chapelet pour faire tous les mystères - soit un rosaire entier, composé de 15 dizaines, ou 150 prières (150 étant le nombre des psaumes).

Salve Regina est une prière catholique dédiée à la Vierge Marie. Son titre latin signifie Salut, ô Reine en français. Elle aurait été composée par Herman de Reichenau.

Guillaume Durand, l'un des auteurs liturgiques les plus importants du Moyen Âge, l'a cependant attribuée à Pierre de Monsoro, évêque de Compostelle. D'autres l'ont aussi attribuée à Adhémar, l'évêque du Puy-en-Velay qui fut le premier à demander la permission d'aller en croisade.

Les dominicains ont commencé à l'utiliser pendant les complies en 1221 ; les cisterciens, eux, la prient depuis 1251. Les chartreux la chantent chaque jour lors des vêpres depuis le XIIe siècle, sous une forme légèrement différente du texte reçu communément (voir article rite cartusien).

Saint Bernard serait l'auteur des trois dernières invocations : O Clemens, O Pia, O Dulcis Virgo Maria. En effet, d'après les récits de ses miracles, il se trouvait dans la cathédrale de Spire, en Allemagne, en présence de tout le clergé, quand il se mit trois fois à genoux, disant à chaque agenouillement l'une des trois invocations. L'Église aurait ensuite décidé d'incorporer ces prières à la fin du Salve[1]. Selon une autre tradition, il se trouvait dans la basilique Notre-Dame d'Avioth quand il chanta le Salve Regina pour la première fois[2]. D'autres sources attribuent au saint la composition de toute l'antienne.

Luther trouvait que cette prière exagérait le rôle de Marie dans l'histoire du salut.[3] De fait, dans l'Église catholique, le langage de la dévotion n'est pas le même que celui des dogmes et cela put l'irriter. Les jansénistes ont voulu changer certaines paroles de la prière.

On raconte que Christophe Colomb l'a chantée avec les Indiens. Léon XIII a prescrit sa récitation. Giovanni Battista Pergolesi l'a jouée en polyphonie.

Un usage liturgique traditionnel veut qu'on incline la tête en prononçant les noms de Jésus et Marie, par respect pour leurs personnes.

Français

Salut, ô Reine, Mère de Miséricorde, notre vie, notre douceur, et notre espérance, salut.
Vers vous nous élevons nos cris, pauvres exilés, malheureux enfants d'Eve.
Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
De grâce donc, ô notre Avocate, tournez vers nous vos regards miséricordieux.
Et, après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles.
Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.

Français (variante) r

Salut, ô Reine, Mère de miséricorde, notre vie, notre consolation, notre espoir, salut !
Enfants d'Ève exilés (sur terre), nous crions vers vous ;
Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.
Avocate, tournez vers nous vos yeux compatissants.
Et, après cet exil, faîtes-nous voir Jésus, le fruit béni de vos entrailles.
Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie ! Amen.

 

Historique

la Vierge aux roses (de William Bouguereau - XIXe siècle)
Saint Dominique reçoit le rosaire aux côtés de sainte Catherine de Sienne, église d'Atzwang (Tyrol du Sud)

L'usage d'un collier de grains pour prier est apparemment une invention indienne et remonte à la plus haute antiquité. Il s'est répandu dans la plupart des religions : l'hindouisme, le bouddhisme, christianisme, ..

Article détaillé : Historique du Rosaire.

Au premier millénaire, le « Psautier du Christ » était une prière chrétienne consistant à réciter cent cinquante Notre Père, en référence aux cent cinquante psaumes de la Bible. Pour ne pas perdre le compte, les fidèles utilisaient un collier de cent cinquante grains, nommé « patenôtre », instrument de piété qui est à l'origine des chapelets actuels. Vers le XIe siècle, par analogie, le « Psautier de la Vierge » se développa, consistant en une série de cent cinquante Ave.

La dévotion du rosaire était déjà en usage chez les Cisterciens depuis le XIIe siècle et s'est développée au XIIIe siècle sous l'influence des dominicains. C'est pourquoi de nombreux tableaux de la Vierge du Rosaire présentent celle-ci offrant une rose ou un chapelet à saint Dominique, le fondateur de l'ordre. Les mêmes tableaux lui associent souvent Catherine de Sienne, la plus célèbre des dominicaines. En général, on y montre dans des médaillons ou des cartouches entourant la scène les quinze mystères cités plus haut, la rose étant aussi associée à la Passion du Christ.

Le roi d'Espagne Philippe II pratiquait beaucoup la dévotion du Rosaire, à laquelle il attribuait sa victoire contre les musulmans lors de la bataille de Lépante (1571). À la suite de cette victoire, attribuée à l'intercession de la Vierge, la fête de Notre-Dame de la Victoire fut localement fixée au 7 octobre, date anniversaire de la bataille de bataille de Lépante. En 1716, Clément XII l'étendit à toute l'église catholique en la fixant le premier dimanche d'octobre et le pape saint Pie X en fixa à nouveau la date au 7 octobre en 1913. Cette fête se nomme à présent « Notre-Dame du Rosaire » depuis 1969 (elle s'appelait auparavant fête du Saint-Rosaire).[7]

A partir du XVIIIe siècle, l'usage de porter des chapelets se perd peu à peu chez les laïques, mais se maintient chez les religieux et les personnes pieuses qui parfois récitent leurs prières (« dire ses patenôtres » ) sur les longs chemin qu’elles font seules ou à pied.

Au XIXe siècle, les apparitions de la Vierge à Lourdes (puis au XXe siècle celles de Fátima) renforcent encore cette dévotion, surtout lorsque le mois d'octobre devient le mois du Rosaire, après 1886.

Le pape Jean-Paul II a promu la dévotion au rosaire et, lors de l' Année du Rosaire (octobre 2002 - octobre 2003), a proposé l'ajout des cinq mystères lumineux aux trois séries traditionnelles des mystères joyeux, douloureux et glorieux :

« Afin de donner une consistance nettement plus christologique au Rosaire, il me semble toutefois qu'un ajout serait opportun; tout en le laissant à la libre appréciation des personnes et des communautés, cela pourrait permettre de prendre en compte également les mystères de la vie publique du Christ entre le Baptême et la Passion. Car c'est dans l'espace de ces mystères que nous contemplons des aspects importants de la personne du Christ en tant que révélateur définitif de Dieu. Proclamé Fils bien-aimé du Père lors du Baptême dans le Jourdain, il est Celui qui annonce la venue du Royaume, en témoigne par ses œuvres, en proclame les exigences. C'est tout au long des années de sa vie publique que le mystère du Christ se révèle à un titre spécial comme mystère de lumière : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde (Jn 9,5) » » (Lettre Apostolique Rosarium Virginis Mariae). »

 

Pourquoi dit-on le rosaire ?

Pour aller vers Jésus-Christ et le rencontrer. Marie est appelée chez les catholiques Médiatrice universelle : on ne peut aller à Dieu que par Jésus, mais étant la mère du Sauveur, on ne peut se pénétrer des attitudes spirituelles et humaines de celui-ci qu'en se pénétrant du modèle de Marie. Chacun est rempli de la pensée de Dieu par elle.[10]

  • Pour louer la Vierge. Le recueil des Psaumes a pour titre, en hébreu, Thehillim ( louanges )[11]. Le Psautier de la Vierge est donc un ensemble de louanges destinées à Marie (voir aussi Litanies de Lorette ).
  • Pour prier Marie (intercession de la Vierge : Marie exauce beaucoup de prières, car Dieu lui accorde tout comme le roi Assuerus à Esther dans le livre d'Esther, parce qu'elle est sa Mère (Concile d'Ephèse[12]).
  • Elle seule fut préservée de la faute originelle : Son Coeur est immaculé et comme une source, un puits ou une fontaine, où chacun vient puiser les grâces. Marie est appelée Fons de pitié, source de grâce par François Villon. La Vierge Marie pour les catholiques est la Mère de tous les hommes, c'est-à-dire du genre humain. La Mater Omnium ou Vierge du Manteau et de Miséricorde, Refuge des Pécheurs, Santé des Malades et des Infirmes (Litanie de Lorette). Elle est aussi appelée Portière du Ciel ou Porte du Ciel dans la tradition catholique et orthodoxe .
  • Pour méditer l'Évangile: le rosaire en est un résumé.
  • Pour vaincre le diable: dans la tradition chrétienne, c'est le serpent qui a causé la chute d'Adam et Eve dans la Genèse. Marie, la nouvelle Éve, donne quant à elle naissance à un enfant mâle Jésus- Christ qui sauve le genre humain. Ipsa conteret caput tuum. Le rosaire serait le marteau le plus efficace pour cela (L-M. de Monfort). C'est le grand signe dans le Ciel vu par saint Jean à l'île de Patmos. En conséquence on disait jadis une « petite couronne » pour une prière de douze ave et trois pater correspondant aux douze étoiles de la Vierge Marie, telle qu'elle est décrite dans l'Apocalypse de saint Jean.

 

Suite !! 

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