Règle de Saint Colomban ?

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Saint Lambert        LIEGE   HERSTAL  ...

Pepin de Herstal qui gouvernait l'Austrasie, se montra le protecteur de la religion et des institutions religieuses. Il fonda sur la montagne de Chèvremont une abbaye et la dota généreusement. Il fit aussi des donations à l'abbaye de Stavelot, savoir, il lui donna le village de Lierneux avec ses dépendances, Braz, Feron et Odeigne.

L'abbaye de Stavelot, depuis la mort de saint Remacle, n'avait eu que des saints pour abbés, saint Babolin qui mourut vers 670, saint Sigolin qui mourut avant 677, saint Godwin qui reçut, de Dagobert II vers 677 et de Thierri III vers 681, un diplôme de confirmation des biens de l'abbaye. Saint Godwin mourut vers 685 et eut pour successeur Papolin qui obtint un diplôme de Clovis III le 25 juin 692. Tous ces abbés paraissent avoir été évêques, sans avoir eu un diocèse à régir, ce qui était un usage assez général dans les abbayes qui suivaient la    règle de Saint-Columban. (V. Acta Sanct., Oct., t. XII, p. 706).

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 Archives de l'Ordre de Saint Colomban

Règle

Traduction de la Règle de saint Colomban, par Mgr Irénée Poncelain d'Eschevannes, tirée des archives de Mgr Tugdual, restaurateur du monachisme colombanien au 20ème siècle. Précisions et notes de Mgr Turiaw le Menteg.

Le texte de la Règle de saint Colomban est celui du manuscrit de Saint Gall, avec ajout tiré du manuscrit de Bobbio. Texte latin extrait de la Patrologie latine de l'Abbé Migne, tome LXXX, page 209.

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De Saint Colomban

abbé et confesseur   

Règle des Moines

1. De l'obéissance :

Avant tout, enseignons à aimer Dieu de tout notre coeur, et de tout notre esprit, et de toutes nos forces. (Mt 22.637) et notre prochain autant que nous-mêmes (Mt22,39).

Ensuite, au premier mot de l'ancien, il convient que tous se lèvent, prêts à l'obéissance : parce que l'obéissance à Dieu doit être donnée en exemple, conformément à la parole de Notre Seigneur Jésus Christ : Celui qui vous écoute m'écoute (Lc 10.16).

Celui donc qui, entendant la parole (de l'ancien), ne se lève pas aussitôt, est désobéissant et coupable. Celui qui contredit commet la faute de révolte. C'est pourquoi non seulement il est coupable de désobéissance, mais encore, parce que les autres ont été témoins de la contradiction, il est considéré comme un destructeur pour beaucoup, parce qu'il a donné le mauvais exemple.

Si quelqu'un murmurait, comme donnant l'impression de ne pas être obéissant à ses voeux, il est considéré comme désobéissant. C'est pourquoi son acte doit être rejeté, même si sa bonne volonté est connue.

Jusqu'où doit aller l'obéissance? Elle est ordonnée certainement jusqu'à la mort. Parce que le Christ a obéi jusqu'à la mort, à son Père, pour nous, ainsi que l'Apôtre nous le dit lui-même : "Que soit vous ce qui est en Jésus Christ : bien qu'étant dans la condition de Dieu, Il n'a point cherché comme une proie à atteindre d'être l'égal de Dieu : Il S'est abaissé jusqu'à prendre la condition de serviteur : ayant paru comme un simple homme. Il S'est humilié Lui-même, Se rendant obéissant au Père jusqu'à la mort, à la mort même de la Croix (Ph 2.5-8). Les vrais disciples de Christ ne sauraient donc rien refuser, quelque pénible et difficile que ce soit  : mais c'est avec ferveur et joie qu'il convient d'accepter l'obéissance car, si elle n'est pas ainsi, elle ne peut être agréable au Seigneur qui a dit : Celui qui ne prend pas sa croix pour me suivre, n'est pas digne de Moi (Mt 10.38). C'est pourquoi Il dit du disciple digne : Lù où je suis, là aussi se trouve mon serviteur (Jn 12.26).

II. Du silence :

La règle du silence est établie afin d'être suivie avec zèle, ainsi qu'il est écrit : Le silence et le calme sont la nourriture de la justice (Is 32.17). L'excès de paroles accuse son auteur : sauf nécessité et utilité, il convient de se taire, comme il est écrit : là où abonde le verbiage, le péché ne manque point (Pr 10. 191). C'est pourquoi le Sauveur dit : C'est d'après tes paroles que tu seras excusé et d'après tes paroles que tu seras accusé (Mt 12.37).

Seront naturellement accusés ceux qui ne disent pas des choses justes, lorsqu'ils le peuvent, mais préfèrent les bavardages mauvais, injustes, inconvenants, vains, méchants, nuisibles, mensongers, malicieux, litigieux, obscènes, fantasques, blasphématoires, irritants et tortueux.

Se taire convient mieux que de tels discours. Il faut parler avec bon sens et circonspection, afin que la médisance et la contradiction ne résultent d'une éloquence malsaine.

III. De la nourriture et de la boisson :

Que la nourriture monacale soit peu copieuse et vespérale, ceci afin d'éviter la réplétion : et la boisson peu abondante, afin d'éviter l'ivresse : l'une et l'autre sont faites pour soutenir et non pour nuire.

Les herbes, les légumes, la farine mêlée d'eau, avec un peu de pain biscuité ne nuisent pas aux entrailles et n'étouffent pas l'esprit. Ainsi, il en est conseillé l'usage à ceux qui désirent les biens éternels.

Les choses étant organisées de cette manière de même est organisé le travail. Parce que telle est la vraie mesure, grâce à laquelle, par l'abstinence qui retient l'énervement de la chair, il est possible de parvenir à la perfection de l'esprit. Mais si cette abstinence est pratiquée à l'excès, elle serait un vice et non une vertu : la vertu soutient ce qui est bien et le maintient. Donc, il faut jeûner chaque jour et manger chaque jour, de même qu'il faut prier chaque jour, et chaque jour travailler, et chaque jour étudier.

 

 4.

IV. De la pauvreté et du mépris de l'envie

Moines, par lesquels le monde est crucifié pour le Christ, et vous-mêmes au monde, souvenez-vous, que l'envie est méprisable. Certes, il est non seulement condamnable pour eux d'avoir du superflu, mais même de le désirer : ils ne rechercheront pas la forture, mais même volontairement la repousseront.

Ceux qui abandonneront tout et suivront chaque jour avec crainte la croix de Notre Seigneur Jésus Christ auront des trésors dans le ciel (Mt 19.27). C'est pourquoi, parce que ces trésors sont nombreux dans les cieux, de peu d'utilité sur la terre, qu'ils doivent être désirés. L'envie est la lèpre des moines, la perfidie et la perdition des descendants des prophètes et des disciples du Christ, ainsi que la mort des apôtres et imitateurs douteux.

C'est pourquoi la pauvreté et le mépris des richesses sont la première vertu des moines. La deuxième est la vraie expiations des vices, la troisième, l'amour continuel des plus grandes perfections de Dieu, cet amour fraternel des choses divines succédant à l'oubli de celle de la terre. Celles-ci sont peu utiles pour nous, selon la Parole de Dieu : une seule nous est nécessaire (Luc 10.42).

 Peu de choses sont vraiment nécessaires, sauf celles qui ne passent pas, ou même une seule. Il en est ainsi de la nourriture, selon la loi. Mais nous avons besoin, par la grâce de Dieu, du sentiment de pureté, afin de comprendre qu'elles sont ces choses de peu de nécessité, qui ont été rappelées à Marthe par le Seigneur.

V. Du mépris de la vanité :

La vanité aussi est un danger, brièvement montré par les paroles du Seigneur, qui dit à ses apôtres se complaisant dans la vanité : J'ai vu Satan tomber du ciel comme un éclair (Lc 10.18). Et aux juifs se justifiant, il dit : Vous voulez passer pour justes devant les hommes mais vous êtes une abomination devant Dieu (Lc 16.15).

 Est donné l'exemple de ce Pharisien fameux qui se justifie de ce qu'il fait le bien, avec cette vanité qui tue et cette gloriole orgueilleuse : ces biens du Pharisien, louée en vain, périront, tandis que les péchés confessés du publicain, seront pardonnés.

Que de longs discours ne sortent donc pas de la bouche du moine, autrement son travail est en péril.

VI. De la pureté :

C'est au niveau des pensées qu'est jugée la pureté du moine. Le Seigneur lui disant de même qu'à Ses disciples qui L'écoutaient : Quiconque regarde une femme en la convoitant a déjà commis l'adultère en son coeur (Mt 5.28). Il faut craindre que Celui auquel le moine s'est consacré ne découvre en son âme ce qu'Il abhorre : à savoir, selon l'expression de Pierre, des yeux pleins de luxure et d'adultère (II PI 2.14). Que sert d'être vierge de corps sans l'être de l'esprit? Dieu étant Esprit (Jn 4.24) habite l'esprit et la conscience quIl voit purs, sans aucune pensée adultère, sans tâche et sans souillure et sans marque de péché.

VII. Du cours des psaumes :

Dans les communautés religieuses, on distingue la récitation des psaumes et la prière canonique, parce que ces prières variées et diverses sont enseignées par la tradition.

Pour cette raison, suivant le mode de vie et la succession variable des temps, je dirai ce qui doit être fait . Car l'uniformité ne peut être, en raison de la succession alternative des temps. Il convient qu'elle soit plus longue pour les longues nuits et plus brèvres pour les courtes.

C'est pourquoi, à l'exemple de nos anciens, à partir du 24 juin, tandis que les nuits s'allongent, l'office doit s'allonger progressivement de douze choeurs dans le mode le plus court, durant les nuits de sabbat ou du dimanche, jusqu'au début de l'hiver, soit le 1er novembre. Alors on doit chanter vingt-cinq psaumes antiphonés, qui viennent toujours en troisième position à la suite de deux psaumes psalmodiés, de telle sorte que le psautier en entier soit chanté durant les deux nuits susdites, tandis que l'on se contente de douze choeurs pour les autres nuits d'hiver. Dès la fin de l'hiver, on diminue peu à peu de trois psaumes, de semaine en semaine, durant tout le printemps, de telle sorte qu'il ne subsiste que douze psaumes antiphonés durant les saintes nuits : autrement dit, les trente-six psaumes de l'office d'hiver quotidient, mais vingt-quatre au cours du printemps et de l'été jusqu'à l'équinoxe de printemeps, soit le 25 mars, en allongeant et en diminuant peu à peu.

6.

Ainsi donc, les veillées doivent être établies en considération des forces, puisque l'Auteur de notre Salut (cf.He 2.10) nous recommande : Veillez et priez en tous temps (Lc 21.36). Paul prescrit de même : Priez sans cesse (1 Thes 5.17).

Pour les heures du jour, les psaumes trois par trois, par alternance, conformément à la coutume de nos anciens, augmentés de l'adjonction de petits versets, d'abord pour nos péchés, ensuite pour tout le peuple chrétien, mais aussi pour les prêtres et pour tous les autres consacrés au service de Dieu, et enfinn pour ceux qui font des aumônes. Egalement pour la paix du royaume, pour les ennemis, afin que Dieu ne les laisse pas dans les péchés, parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font quand ils nous persécutent ou nous font du tort.

Au commencement de la nuit : douze psaumes : au milieu de la nuit également douze psaumes sont psalmodiés : à matines, deux fois dix par dix, et deux fois deux par deux, pendant le temps court, comme il est dit plus haut, de nuit. En plusieurs fois, comme il est dit, toujours, les nuits du dimanche et de la veille, du samedi, pendant lesquelles, en une seule fois, soixante quinze psaumes sont chantés un à un. Ceux-ci communément appelés la synaxe.

Mais vraiment, comme il est, cette prière est prescrite, afin que la possibilité l'emporte vers son but sans fatigue, ou plutôt pour permettre le maximum de possibilité, car la considération de la possibilité de l'esprit est nécessaire, ainsi que peut l'admettre le genre de vie.

Autant que la ferveur de chacun l'exige, que le livre soit unique, ou bien l'étendue de son savoir le demandera, ou bien l'oisiveté, ou bien l'intensité de l'étude, ou bien la qualité de l'oeuvre, ou bien la diversité des âges le permettra. Ainsi l'usage du livre est permis en vue de la perfection de l'oeuvre d'adoration.

De même il est permis que la durée du temps de repos et de chant soit variable, à condition que soit égal celui de la prière du coeur et de l'esprit,  à l'intention voulue par Dieu.

Cependant, il y a quelques catholiques, le même nombre canonique de psaumes et de douze, par brèves ou par longues nuits : mais ils demeurent canoniquement alternatifs, quatre par quatre, au commencement de la nuit, en son milieu, à matines.

Cet ordre de l'office est, comme nous l'avons vu, court en hiver, et se trouve, en été, assez long et sévère, tandis que la brièveté est réservée aux nuits profondes, moins en raison de la lassitude que de la fatigue. Pendant les très saintes suite du dimanche et du samedi, à matines le nombre de trois est de même respecté, c'est-à-dire, trois fois dix par dix, et six psaumes.

La quantité de ces gens et leur vie sainte en, ont amené suavement beaucoup à ce nombre canonique, autant qu'au reste de leur discipline, car leur nombre est si grand que l'on mentionne mille abbés sous un seul archimandrite, où jamais il n'a été fait état d'une dispute entre deux moines depuis la fondation de la communauté. Et cela ne saurait être sans la présence de Dieu. Qui a dit : J'habiterai et je marcherai au milieu d'eux : Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple (2 Cor. 6.16). Ils se sont accrus à juste titre et le font chaque jour, grâce à Dieu, dans ce milieu où Dieu demeure. Puissent leurs mérites nous obtenir le salut par notre Seigneur et Sauveur. Amen.

VIII. De la discrétion : 

La discrétion du moine est d'autant plus nécessaire qu'elle prouve l'erreur de beaucoup. Les malheurs de ceux-ci le démontrent : celui qui est sans discrétion, sans connaissance modératrice : ne peut terminer sa vie honorablement. De même que sans chemin, le voyageur est sujet à l'erreur, de même sans discrétion, nous sommes exposés à l'excès, car la vertu est toujours dans le juste milieu : le trop, dans l'un et l'autre cas, étant nuisible. Le choc est un danger, tandis qu'auprès du droit sentier de la discrétion, les difficultés causées par le défaut de l'adversaire et les scandales des diverses erreurs, sont déposés.

Donc, prions Dieu qui dispense de la lumière de la vraie discrétion par l'illumination de cette vie entourée de tous côtés des épaisses tébèbres du siècle.

C'est dans cette lumière que les vrais adorateurs peuvent, sans crainte d'erreur, s'évader de ces ténèblres.

8.

Donc, cette discrétion a soin de discernement par lequel nous distinguons nous-même entre le bien et le mal, entre la médiocrité et la perfection. En effet, ils sont, au commencement, divisés, comme la lumière et les ténèbres. Il en est ainsi du bien et du mal : mais ensuite le mal commence par dépravation diabolique du bien. Mais par Dieu, en premier lieu, l'illumination, ensuite la dissension (Gn 1.3-4). Abel, le premier, choisit le bien; Caïn l'impie tombe dans le mal (Gn -4. 1-8). Dieu a fait tous les biens qu'Il créa (Gn.1.31) : les maux, c'est le démon qui les sema par-dessus (Cf. Mt 13.24-30), par ruse trompeuse et perfide conseil d'ambition (Gn 3.1-5).

Quels sont donc ces biens? A savoir, ceux qui sont entiers et incorruptibles, comme ils ont été créés, et comme le dit l'Apôtre : afin que nous y marchions (Cf. EP 2.10). Sont des oeuvres bonnes, celles dans lesquelles nous sommes créés en Jésus Christ. Celles-ci sont  : la pureté, la piété, la justice, la vérité, la miséricorde, la charité, la paix salutaire, la joie spirituelle, avec les fruits de l'Esprit (Gal 5.22). Tous ceux-ci produisent de bons fruits, tandis que leurs contraires sont des maux : la malice, la débauche, l'impiété, l'injustice, le mensonge, l'avarice, la haine, la discorde, l'amertume, avec les multiples mauvais fruits qu'ils engendrent. Car ils sont innombrables ces fruits mauvais des uns des autres de ces contraires. Car il en est ainsi du bien et du mal : ils procréent.

Ce qui détourne de la bonté et de la pureté, c'est le premier des maux : l'orgueil. Son contraire est le sentiment de pieuse et humble bonté, connaissant et glorifiant son Créateur. Voilà le premier bien de la créature raisonnable.

Quant aux autres, ils croîtront peu à peu doublement dans la grande forêt. Ceux qui détiennent ces biens avec force, Dieu aidant, seront toujours priants dans la prospérité comme dans l'adversité.

Que la prospérité ne nous inspire pas de vanité, et que l'adversité ne nous pousse pas au désespoir. Tenons-nous à l'écart de l'un et de l'autre péril, de tout excès par glorieuse tempérance, car la vraie discrétion, celle qui s'attache à l'humilité chrétienne, et le chemin de la vraie perfection du Christ, est ouvert à ceux qui servent et craignent Dieu. Dans le doute, il s'agit toujours de discerner ce qui est droit, et entre le bien et le mal, où est le juste partage, ou si, entre l'un et l'autre il y a une issue, ou, à l'intérieur, entre le corps et l'âme : entre les oeuvres et les moeurs, ou entre le soin et le repos, ou entre les choses publiques et les choses secrètes. Il en est de même des maux dont il faut prendre garde : l'orgueil, l'envie, le mensonge, la corruption, l'impiété, les mauvaises moeurs, l'infraction, la gourmandise, la fornication, l'envie, la colère, la tristesse, l'instabilité, la vaine gloire, la hauteur, la diffamation. Les biens à rechercher sont, l'humilité, la bonté, la pureté, l'obéissance, l'abstinence, la chasteté, la largesse, la patience, la joie, la stabilité, la ferveur, l'activité, la vigilance, la discrétion.

 Ces vertus, courageusement supportées et convenablement tempérées, comme par une sorte de discrétion pondérée, à la balance, et fondées en actes sont des travaux courants en vue de l'effort important que nous devons rechercher. Car, à celui qui  ne donne pas cette importance, il y a péril d'excès de discrétion. En tout ce qui est exagéré est manifestement un vice. Donc, entre peu et trop, la juste mesure est dans la raison, repoussant toujours en tout ce qui est superflu, pondérée en tout, donnant partout le nécessaire, et refusant volontairement ce qui est incontestablement superflu. Cette vraie mesure de discrétion appréciée, guide avec justesse tous nos actes, et nous ne risquons pas de souffrir de l'erreur et d'être conduits dans la voie droite. Il faut donc se garder l'un de l'autre, ainsi qu'il est dit : Ne tournez ni à droite ni à gauche (cf. Dt 5,32). Nous pouvons suivre la voie droite par discrétion, c'est-à-dire par la lumière de Dieu, alors que nous répétons et chantons avec le psalmiste : Mon Dieu, illumine mes ténèbres, parce qu'en Toi je suis protégé de l'épreuve (Ps 17.29-30). L'épreuve cependant est la vie de l'homme sur la terre (Job 7,1).

VIII. La mortification:

La mortification est la partie la plus importante de la règle des moines auxquels elle est prescrite par les Ecritures : Ne fais rien sans conseil (Exlt 32;24). Si donc rien ne doit être fait sans conseil, il convient de prendre conseil à propos de tout : Moïse l'enseigne ainsi : Interroge ton père et il te l'indiquera, les anciens et il te le diront (Dt 32.7).

Cette discipline est dure aux coeurs durs, semble-t-il, parce que l'homme doit dépendre de la parole d'un autre. Elle est sécurité et bohneur aux craignants-Dieu, si elle est intègre et non partielle : rien de plus agréable que la sécurité de la conscience, rien de plus rassurant que la sérénité de l'âme que nul ne peut atteindre par soi-même parce que c'est le propre des autres de juger. On peut ainsi protégé de la crainte du jugement, l'épreuve du juge étant déjà faite. Car, ainsi qu'il est écrit : Il  y a plus de péril à juger qu'à être jugé (cf. Mt 7,1 etc).

Quiconque interroge s'il suit le conseil, ne commettra point d'erreur. Parce que, si l'autre se trompait dans sa réponse, la foi du croyant et l'acte de l'obéissant ne seraient point erreurs et le mérite de la demande ne serait pas perdu. Si celui qui doit demander conseil, choisit de lui-même, il se trompe manifestement, jugeant par soi-même ce qui doit être jugé. Et, s'il a raison, on lui donnera tor, puisqu'il s'est écarté de la justice. Que ne fasse donc rien par lui-même celeui dont le seul devoir est d'obéir.

10.

Les choses étant ainsi, que les moines se méfient en toutes choses de l'orgueilleuse liberté et apprennent la vraie humilité, en obéissant sans hésitation ni murmure (Ph 2.14). Ils trouveront, selon la parole du Seigneur Jésus, que Son Jour est doux et Son fardeau léger (Mt 11.30). S'il en était autrement, alors qu'ils apprennent l'humilité de Christ, ils ne sentiraient pas la douceur de Son joug ni légèreté de Son fardeau.

En vérité, l'humilité du coeur est le repos de l'âme, la consolation des épreuves et des travaux et l'unique refuge contre tout mal. Plus on est entièrement attiré par cette méditation, loin de tout ce qui est extérieur, passager et vain, plus on éprouve de repos et de sérénité : ainsi sera doux tout ce qui paraît amer, ce qui semblait auparavant pénible et difficile sera plein de facilité. La mortification elle-même, sera intolérable aux orgueilleux et aux endurcis, sera la consolation de celui qui se plaît dans l'humilité et dans la douceur. Il convient cependant de remarquer qu'une telle allégresse de martyrs ni nul autre avantage ne peuvent être obtenus par celui qui y mettrait cet effort, on veut atteindre ou obtenir des fins personnelles, cette intrusion occupe et trouble entièrement, on ne pourra jamais suivre d'un coeur sans partage et bien disposé l'ordre qui nous conduit, ni exécuter celui-ci comme il faut dans un état de trouble et de confusion.

 Le but de la mortification est triple : chasser de son esprit la discorde, empêcher la langue de parler à sa fantaisie et les initiatives du mouvement de s'opérer intempestivement. Cela se résume à répondre à un Ancien qui donne un ordre si contrariant soit-il : Non ce que je veux, mais ce que tu veux (Lc 22,42), suivant l'exemple du Seigneur notre Sauveur Qui dit : Je suis descendu du ciel non pour faire Ma volonté, mais la Volonté du Père Qui m'a envoyé (Jn 6.38).

X. De la perfection du moine ?

Le moine, dans le monastère, vit sous l'unique discipline du Père, en compagnie de beaucoup d'autres (en communauté), afin d'apprendre, par les autres, l'humilité et la patience. L'un lui apprend le silence, l'autre la bonté : il ne fait pas ce qu'il veut, ne mange pas ce qu'il lui plaît il reçoit une tâche autant qu'il peut, et la remplit : il est soumis  à celui qu'il ne veut pas; il se couche épuisé : il a sommeil et il marche : son sommeil non assouvi, il est appelé à se lever, injurié il se tait : il crait celui qui est à la tête du monastère comme le Seigneur et l'aime comme un père. Il croit que tout ce qu'il prescrit est salutaire, et il ne porte pas de jugement sur la sentence des anciens dont il est le serviteur.

Son devoir étant d'obéir et d'exécuter l'ordre qu'il lui donne, ainsi que dit Moïse : Ecoute, Israël (Dt 6.4), et laisser les autres.

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