Prodige de yeux ouverts de la statue

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150e anniversaire de la statue
150e anniversaire du dogme de l’Immaculée

 

 

 

 

La statue de Notre-Dame du Cap, sur l'autel de la petite chapelle en pierre.

En 1854, année de la proclamation du dogme de son Immaculée Conception, Notre-Dame inspire à un généreux paroissien du Cap-de-la-Madeleine, la pensée de faire don à son église d’une Madone de belles proportions, aux yeux baissés et aux mains tendues. Cette statue deviendra la Vierge miraculeuse dont la célébrité dépassera les frontières du pays. C’est celle-là qu’on vénère encore aujourd’hui sur le maître-autel du sanctuaire.

Cette statue deviendra comme par droit de conquête, la propre Madone du pèlerinage canadien, quand un prodige du ciel l’aura marquée de son sceau, et surtout quand, plus tard, le diadème de la royauté ceindra son front.

Le prodige des yeux de la statue

La nouvelle église de Sainte-Madeleine s’édifie lentement et, quoique inachevée, elle est bénite et livrée au culte le 3 octobre 1880.

 Durant les années qui suivirent, on restaure l’ancienne en vue de sa dédicace solennelle à Notre-Dame du saint Rosaire, selon la promesse de M. le curé Désilets.

Enfin ce grand jour se lève. Le 22 juin 1888, jour de joie, jour d’intenses prières. Monsieur le curé Luc Désilets accomplit solennellement son voeu. A la suite d’une belle cérémonie, la statue a été placée sur l’autel principal.

Le bon Père Frédéric, qui deviendra l’un des plus fervents prédicateurs des gloires de Marie au Cap-de-la-Madeleine, (béatifié par Jean-Paul II en 1988) arrivait d’Europe au Canada comme commissaire de Terre Sainte. Il fit plusieurs instructions ce jour-là à la foule rassemblée.

L’abbé Duguay, vicaire de M. le curé Désilets et son successeur, raconte le miracle qui s’est produit le soir même de cette journée inoubliable:

«Vers sept heures du soir, arrive un handicapé du nom de Philippe Lacroix. Je le vis entrer dans le Sanctuaire en marchant entre M. le Curé, Luc Désilets et le Rev. Père Frédéric. Je les vis à genoux au balustre... Or voici ce qui s’est passé tel que M. le curé Désilets me l’a raconté bien des fois avec émotion:

«Pendant qu’ils étaient tous les trois en prière, ils virent la statue de Notre-Dame du Cap, les yeux grandement ouverts, elle qui normalement a les yeux baissés...»

L’enthousiasme et le zèle du bon Père Frédéric ne connurent plus de limites. Propagantiste-né, le Père Frédéric ne se contenta pas de raconter le «prodige des yeux» à ses auditeurs, il en publia le récit en première page du journal «la Presse» le 22 mai 1897.

«La statue, y écrit-il, qui a les yeux entièrement baissés, avait les yeux grandement ouverts: le regard de la Vierge était fixe: elle regardait devant elle, droit à sa hauteur. L’illusion était difficile: son visage se trouvait en pleine lumière, par suite du soleil qui luisait dans une fenêtre et éclairait parfaitement tout le sanctuaire. Ses yeux étaient noirs, bien formés et en pleine harmonie avec l’ensemble du visage. Le regard de la Vierge était celui d’une personne vivante; il avait une expression de sévérité, mêlée de tristesse.»

Ecoutons maintenant Pierre Lacroix, l’handicapé, lui aussi témoin oculaire du prodige:

«J’entrai dans la chapelle vers 7 heures du soir, accompagné par monsieur Désilets et le Père Frédéric. Je marchais supporté par eux. Nous sommes allés nous placer à la table de communion … Après avoir prié un moment, je levai les yeux vers la statue de la sainte Vierge en face de moi. Immédiatement, je vis que ses yeux étaient bien ouverts; d’une manière absolument vivante, comme si elle regardait par-dessus nos têtes en direction des Trois-Rivières. J’observai sans dire un mot. Alors, M. Désilets qui était à ma droite, quitta sa place pour aller rejoindre le Père Frédéric. Je l’entends demander: «Avez-vous remarqué?»

«Oui, répondit le Franciscain, la statue a ouvert les yeux, n’est-ce pas ?»

«Oui, dit M. le curé, mais est-ce bien réel?»

«C’est à ce moment que je leur dis que je voyais la même chose qu’eux depuis quelques instants.»

Après avoir commandé aux vents, aux flots, à la neige et à la glace, pour que lui soit élevé un sanctuaire, Notre-Dame du Cap manifestait son contentement d’y avoir été établie à demeure sous son vocable Notre-Dame du Rosaire.

Pour le curé Désilets, ces yeux ouverts de la Madone avaient leur langage: celui que Dieu lui-même avait jadis tenu au roi Salomon:

«J’ai exaucé ta prière et la supplication que tu m’as présentée. J’ai consacré cet édifice pour y fixer mon nom à jamais; mes yeux et mon coeur y seront perpétuellement» (I Rois 9,3.)

Le 22 juin 1888, à sept heures du soir, Notre-Dame du Cap devenait de par la volonté expresse de Marie, la Madone des Canadiens.  (Rosario Desnoyers, O.M.I.)

Ce jour-là, lors de la consécration du Sanctuaire à la Reine du Rosaire, en cette fameuse journée où la statue ouvrit les yeux, le Père Frédéric s’était écrié:

«Des pèlerins viendront de toutes les familles de la paroisse; de toutes les paroisses du diocèse; de tous les diocèses du Canada. Cette petite Maison de Dieu sera trop petite pour contenir les foules qui viendront invoquer la puissance et la munificence de la douce Reine du Très Saint Rosaire.»

Une couronne royale

 En 1898, cinq cents Tertiaires franciscains de l’Immaculée Conception de Montréal, offrent, à Notre-Dame du Cap, au nom de leurs confrères irlandais, un magnifique coeur en or et un très riche diadème. Le coeur et le diadème devront être inséparables puisqu’ils signifient que Marie est Mère et Reine. Le coeur est transpercé d’un glaive et surmonté d’un lis, représentant le Coeur douloureux et Immaculé de Marie.

Le diadème aura, en 1904, l’insigne honneur de servir au couronnement solennel de la statue de Notre-Dame du Cap proclamée officiellement par l’Eglise, la Madone des Canadiens.

Cette couronne d’or, de platine et de diamants venus des milliers de bijoux offerts par les Canadiens, est d’une valeur symbolique infiniment supérieure à sa richesse matérielle. Les armoiries des dix provinces de notre immense pays encerclent la base de cette couronne et proclament Notre-Dame du Cap: Madone nationale de tous les Canadiens.

C’est à Mgr Cloutier, évêque de Trois-Rivières, de 1899 à 1934, que revint l’honneur de l’approbation officielle et définitive du culte voué à Notre-Dame du Cap. Il a officiellement déclaré miraculeux le «pont de glace» de 1879 et reconnu le caractère surnaturel du «prodige de yeux» de la statue.

Quand un pèlerinage, marqué à sa naissance du sceau divin, s’anémie, s’étiole et meurt, la faute n’en est pas à Dieu, mais aux prêtres trop peu nombreux ou trop peu zélés.

Alors Mgr Cloutier a confié la garde du sanctuaire aux Oblats de Marie Immaculée.

1904, couronnement de la Reine du Rosaire

Le cinquantenaire de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception crée un climat d‘enthousiasme marial extraordinaire dans l’univers catholique. Au Canada, les coeurs exultent de joie! Une nouvelle vient d’être publiée: Le Pape va couronner Notre-Dame du Cap.

Le couronnement d’une statue revêt une très haute signification. Par ce geste, le Vicaire de Jésus-Christ scelle de son autorité apostolique le culte rendu à cette statue, les miracles qu’on lui attribue, la renommée et la gloire dont on l’entoure. Seule la statue de Notre-Dame de Guadaloupe, au Mexique, avait reçu cet honneur dans toute l’Amérique.

 

 

 

 

 

 

 

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