Peste !

 

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Éléments cliniques

La peste s'exprime sous trois formes cliniques différentes pouvant parfois se succéder dans le temps :

Peste bubonique

Bubons à l'aine d'une personne atteinte de la peste bubonique

Forme la plus fréquente en milieu naturel, la peste bubonique fait suite à la piqûre de la puce d'un rat ou d'un rongeur infecté. La peste se déclare d'abord chez les rongeurs qui meurent en grand nombre. Les puces perdant leur hôte recherchent d'autres sources de sang, et contaminent l'homme et les animaux domestiques par piqûre. Après une incubation de moins d’une semaine, apparait brutalement un état septique avec fièvre élevée sans dissociation de pouls, frissons, vertiges, sensation de malaise. L’examen clinique détecte le bubon au deuxième jour. Le bubon est une adénopathie (ou ganglion augmenté de volume) ou paquet ganglionnaire, satellite du territoire de drainage de la piqûre de l’ectoparasite, inflammatoire, suppuré et très œdémateux. Les aires ganglionnaires le plus souvent touchées sont l’aire inguinale (pli de l'aine) ou crurale (haut de la cuisse), plus rarement axillaire voire cervicale. Des signes de déshydratation et de défaillance neurologique vont accélérer l'évolution de la maladie vers une mort en moins de sept jours en l'absence de traitement efficace. On estime entre 20 et 40% le nombre de malades qui vont guérir spontanément après un temps de convalescence assez long.

Peste septicémique

Cette forme constitue 10 à 20% des pestes[2]. La peste septicémique est la plupart du temps une complication de la peste bubonique, due à une multiplication très importante des bacilles dans la circulation sanguine. Cette variété de peste apparaît quand les défenses des ganglions lymphatiques et les autres types de défense sont dépassés. Le bubon peut n’être que peu apparent. Il s'agit d’une forme plus grave et très contagieuse.

Peste pneumonique ou pulmonaire

Forme plus rare que la peste bubonique, mais nettement plus dangereuse et extrêmement contagieuse, la peste pneumonique ou pulmonaire survient lorsque le bacille pénètre directement dans l'organisme par les poumons (et non par la peau, après une piqûre de puce). Les humains sont contaminés par les projections d'expectorations purulentes et microscopiques contenant le germe. Après une incubation de quelques heures, s’installe une pneumopathie aiguë sévère avec état septique. Même avec un traitement antibiotique approprié, cette forme de peste est souvent mortelle en quelques jours par œdème pulmonaire aigu et défaillance respiratoire.

Histoire de la peste et des épidémies

Peste : un terme historique générique

Au Moyen Âge, le terme de « peste », ou ses équivalents, ne désigne pas nécessairement la maladie aujourd'hui nommée peste, ni même une autre maladie spécifique. Il s'appliquait à toute épidémie importante, toute maladie frappant une communauté – phénomène difficile à expliquer sans le concept de contagion – et rapportées plus souvent à des superstitions qu'à des causes matérielles[16]. La première épidémie où l'on peut reconnaître avec certitude la maladie que nous nommons peste est la Peste de Justinien (seconde moitié du VIe siècle). Toutefois, la maladie existait certainement avant cette date. Ses origines ont été discutées ; si on les situait souvent en Asie centrale, l’idée a aussi été avancée que la peste était présente dans l’Égypte pharaonique[17]. Une étude comparative de plusieurs génomes de bacilles de Yersinia Pestis a montré que l'origine de la maladie devait se trouver dans le voisinage de la Chine, où l'ancêtre commun des bacilles actuels serait à rechercher il y a plus de 2600 ans[18]. Les sociétés antiques étaient régulièrement frappées par des maladies épidémiques et ne pouvaient que difficilement les différencier. De nombreuses sources relatent de tels fléaux.

Les principales épidémies

La peste est évoquée dans l'Ancien Testament comme un fléau envoyé par Dieu aux Hébreux. Le roi David est châtié par Dieu et doit faire le choix entre subir sept années de famine, trois mois de guerre, ou trois jours de peste ; il choisit la peste (Livre II Samuel 24).

Les Grecs ont également subi de telles maladies. Ils attribuaient traditionnellement la peste à la vengeance d’Apollon comme cela est décrit dans l’Iliade. C’est avec un regard plus rationnel que Thucydide évoque une épidémie infectieuse lors du conflit entre Sparte et Athènes, vers -430, que l'on nomme généralement "peste d'Athènes". De nombreuses hypothèses ont été avancées pour identifier cette épidémie, notamment la rougeole, la variole, la grippe[19], le typhus, ou la fièvre typhoïde. Cette cette dernière maladie qui aurait été identifiée par une recherche ADN dans la pulpe dentaire de cadavres retrouvés dans une sépulture de masse contemporaine de l'épidémie[20],[21]. Cette identification a toutefois été constestée[22].

L’Empire romain connut d’importantes épidémies, en particulier à partir du deuxième siècle de notre ère, la mieux connue étant la peste antonine qui sévit à Rome en l'an 166. Galien nous en a laissé une description qui laisse souvent penser que la maladie en question était en fait la variole.

Article détaillé : Peste antonine.
Carte de diffusion de la peste noire

Après la peste dite de Cyprien (vers 250), l'Antiquité fut marquée par la Peste de Justinien (seconde moitié du VIe siècle) identifiée avec une grande certitude à la peste bubonique. Par la suite la peste semble disparaître de l'Occident au début du Moyen Âge.

Article détaillé : Peste de Justinien.

En 1347, des navires infectés abordent en Europe et déclenchent une épidémie dont mourra un quart de la population occidentale en quelques années. Les recherches archéologiques récentes ont confirmé qu'il s'agissait bien d'une épidémie due au bacille Yersinia Pestis[23]

Article détaillé : Peste noire.

Jusqu'au XVIIIe siècle, des épisodes majeurs de peste sont encore signalés régulièrement en Europe, comme à Londres en 1665-1666 et à Marseille en 1720.

Articles détaillés : Grande peste de Londres et Peste de Marseille.

La dernière pandémie, qui commença en 1894, permit de découvrir le bacille responsable de la peste.

Article détaillé : Peste de Chine.

Appelé en urgence à Bombay où une épidémie de peste bubonique s'est déclarée en octobre 1896, Waldemar Haffkine met au point le premier vaccin le 10 janvier 1897.Appelé aussi lymphe d’Haffkine ce vaccin était composé de germes tués .

1908 : mise au point d'un sérum antipesteux

1921 : vaccin aqueux de l'institut Pasteur

1932 : G. Girard et J. Robic mettent au point un vaccin préparé avec des bacilles pesteux de virulence atténuée : utilisé dès 1933 ce vaccin antipesteux EV (pour Evesque, nom de la victime sur laquelle a été isolée la souche du vaccin) restera le seul traitement efficace contre la peste pulmonaire jusqu'au traitement de la maladie par les sulfamides puis par les antibiotiques.

Aujourd'hui, la peste touche à 99% les continents africain et asiatique. Dans les années 1990, on a relevé quelques cas en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Le dernier cas de peste en France (Corse) date de 1946.

L'OMS la classe comme « maladie réémergente ». On compte quelques milliers de cas chaque année dans le monde et leur nombre augmente de façon régulière depuis vingt ans. La géographie de la maladie s'est modifiée. Dans les années 1970, l'Asie était le continent le plus touché. Désormais, l'Afrique recense plus de 90 % des cas. Pays les plus frappés : Madagascar et la République démocratique du Congo. Si la peste tue moins que les grandes pandémies contemporaines, comme le sida ou la malaria, sa recrudescence inquiète néanmoins les scientifiques.

La peste en tant qu'arme bactériologique

La peste a été utilisée comme arme par l’armée impériale japonaise lors de l’invasion de la Chine, notamment dans la région de Changde. Ces armes étaient utilisées à la suite d'essais menés par des unités de recherche bactériologiques comme l'unité 731 qui pratiquaient des expérimentations sur des humains[24].

Plus tard, les Américains, qui avaient gracié les criminels de guerre de l'équipe de Shiro Ishii, et les Russes, qui avaient condamné pour crimes de guerre douze Japonais lors du procès de Khabarovsk, ont travaillé sur des aérosols de Yersinia pestis[2].

 

 

 

Suite !! 

 

 

 

 

 

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